Les anecdotes de l'Histoire

10 février 2006

Le procès de la marquise de Brinvilliers

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Le 22 février 1680, après avoir eu la main coupée, Catherine Deshayes dite la Voisin, est brûlée vive en place de Grève. Cet évenement marque l'un des derniers épisodes qui ont marqué la fameuse affaire des poisons.

Une série d'affaires d'empoisonnement a défrayé la chronique sous Louis XIV. Déjà en 1670, la mort subite de Madame, Henriette d'Angleterre, épouse de Monsieur, frère de Louis XIV a éveillé les soupçons. A l'époque, on avait conclu que l'eau de chicorée était la responsable de ce décès.

Or, cette affaire de poison et les différentes rumeurs relancent les suspicions sur cette mort prématurée. Les révèlations comment à éclater au début de l'année 1672. Lors de la découverte du cadavre du Capitaine de Sainte Croix, les enquêteurs découvrent près de lui, une cassette rouge avec une note qui ordonnait que cet objet devait être, à sa mort, apporté à la marquise de Brinvilliers. La note précise également, dans le cas où la marquise serait décédée, la cassette doit être brûlée. C'est cette précision qui attire la curiosité. Pourquoi brûler cette cassette ? Y-a-t-il des secrets à cacher à l'intérieur. La curiosité l'emporte. Ils décident de passer outre les dernières volontés du défunt et le coffret est ouvert. A l'intérieur, les enquêteurs découvrent des petites fioles et des correspondances.

Les différentes fioles sont analysées. Les résultats révèlent qu'elles contiennent du poison. Confortés dans cette idée, les enquêteurs ouvrent la correspondance. Il s'agit de lettres échangées avec la marquise de Brinvilliers et se trouve également des reconnaissances de dettes.

Les enquêteurs s'intéressent désormais, à cette marquise de Brinvilliers, la destinataire de la cassette de poison, des correspondances et des reconnaissances de dettes. Les enquêteurs fouillent dans son passé et s'aperçoivent qu'il y a dans son entourage, une série de décès assez brutaux tels que son père ou ses frères. Sa belle soeur décide de se porter partie civile.

Bien entendu, l'une des questions les plus délicate est l'emprisonnement de la marquise car elle appartient à la noblesse de robe. L'hésitation favorise la fuite de la marquise qui se cache dans toute l'Europe. Or, en mars 1676, dans un couvent, à côté de Lièges où la marquise est arrêtée. Voyant sa situation perdue, elle tente de se suicider en avalant une épingle. C'est un échec. L'horizon s'assombrie pour elle.

Les investigations se poursuivent. On fouille son domicile où les enquêteurs découvrent une lettre dans laquelle la marquise se confesse et s'accuse d'une multitude de crimes comme l'inceste, l'adultère et du meurtres de son père et de ses frères pour ses biens. 

L'enquête est finie. La marquise va être jugée. Son procès s'ouvre le 16 avril 1676. La foule et les différents média se passionnent pour cette affaire en raison de l'accusée et ils s'attendent à diverses révélations. Lors de son procès, la marquise reste froide face aux témoignages qui l'accablent.

Son avocat essaie de la défendre en niant point par point les preuves accablantes: les fioles ont été placées dans le coffret après la découverte, la marquise ne se souvient pas l'avoir écrit.

Malheureusement, l'ensemble est peu convaincant. La sentence prononcée est lourde. Elle est condamnée à faire amende honorable, elle aura la tête tranchée, brûlée après avoir été la victime de la question ordinaire et extraordinaire.

Malgré les horreurs qui l'attende, la marquise reste courageuse et avant d'être éxécutée, elle se confie au confesseur et raconte toute l'histoire. Ainsi, s'achève la vie, la veuve de lieutenant, Marie Madeleine d'Aubray.

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Lettre de la Marquise de Sévigné relant l'exécution de la marquise de Brinvilliers.

A MADAME DE GRIGNAN 

A Paris, ce vendredi 17ème juillet 1676. 

Enfin c'en est fait, la Brinvilliers est en l'air. Son pauvre petit corps a été jeté, après l'exécution, dans un fort grand feu, et les cendres au vent, de sorte que nous la respirerons, et par la communication des petits esprits, il nous prendra quelque humeur empoisonnante dont nous serons tous étonnés. Elle fut jugée dès hier. Ce matin, on lui a lu son arrêt, qui était de faire amende honorable à Notre-Dame et d'avoir la tête coupée, son corps brûlé, les cendres au vent. On l'a présentée à la question; elle a dit qu'il n'en était pas besoin, et qu'elle dirait tout. En effet, jusqu'à cinq heures du soir elle a conté sa vie, encore plus épouvantable qu'on ne le pensait. Elle a empoisonné dix fois de suite son père (elle ne pouvait en venir à bout), ses frères et plusieurs autres. Et toujours l'amour et les confidences mêlés partout. Elle n'a rien dit contre Pennautier. Après cette confession, on n'a pas laissé de lui donner la question dès le matin, ordinaire et extraordinaire; elle n'en a pas dit davantage. Elle a demandé à parler à Monsieur le Procureur général; elle a été une heure avec lui. On ne sait point encore le sujet de cette conversation. A six heures on l'a menée, nue en chemise et la corde au cou, à Notre-Dame faire l'amende honorable. Et puis on l'a remise dans le même tombereau, où je l'ai vue, jetée à reculons sur de la paille, avec une cornette basse et sa chemise, un docteur auprès d'elle, le bourreau de l'autre côté. En vérité, cela m'a fait frémir. Ceux qui ont vu l'exécution disent qu'elle a monté sur l'échafaud avec bien du courage. Pour moi, j'étais sur le pont Notre-Dame avec la bonne d'Escars; jamais il ne s'est vu tant de monde, ni Paris si ému ni si attentif. Et demandez-moi ce qu'on a vu, car pour moi je n'ai vu qu'une cornette, mais enfin ce jour était consacré à cette tragédie. J'en saurai demain davantage, et cela vous reviendra. 

On dit que le siège de Maestricht est commencé, et celui de Philisbourg continué; cela est triste pour les spectateurs. Notre petite amie m'a bien fait rire ce matin; elle dit que Mme de Rochefort, dans le plus fort de sa douleur, a conservé une tendresse extrême pour Mme de Montespan, et m'a contrefait ses sanglots, au travers desquels elle lui disait qu'elle l'avait aimée toute sa vie d'une inclination toute particulière. Etes-vous assez méchante pour trouver cela aussi plaisant que moi? 

Voici encore une autre sottise (mais je ne veux pas que M. de Grignan la lise). Le Petit Bon, qui n'a pas l'esprit d'inventer la moindre chose, a conté naïvement qu'étant couché l'autre jour familièrement avec la Souricière, elle lui avait dit, après deux ou trois heures de conversation: "Petit Bon, j'ai quelque chose sur le coeur contre vous. - Et quoi, madame? Vous n'êtes point dévot à la Vierge; ah! vous n'êtes point dévot à la Vierge: cela me fait une peine étrange." Je souhaite que vous soyez plus sage que moi, et que cette sottise ne vous frappe pas comme elle m'a frappée. 

On dit que Louvigny a trouvé sa chère épouse écrivant une lettre qui ne lui a pas plu; le bruit a été grand. D'Hacqueville est occupé à tout raccommoder. Vous croyez bien que ce n'est pas de lui que je sais cette petite affaire, mais elle n'en est pas moins vraie, ma chère bonne. 

J'ai bien envie de savoir comme vous aurez logé toute votre compagnie. Ces appartements dérangés et sentant la peinture me donnent du chagrin. Je vous conjure, ma très chère, de vous confirmer toujours dans le dessein de me donner, par votre voyage, la marque de votre amitié que j'en désire et que vous me devez un peu, et dans le temps que j'ai marqué. Ma santé est toujours de même. J'embrasse M. de Grignan.

Lundi, nous évoquerons l'Abbé Pierre.

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09 février 2006

L'étrange parcours politique de Jacques Doriot

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Issu d'une famille rurale très modeste, Jacques Doriot est mobilisé au cous de la guerre de 1914-1918; il se conduit héroïquement et il est décoré de la Croix de guerre. Devenu ouvrier métallurgiste, il se lance dans l'action syndicale et politique et adhère aux jeunesses communistes dont il devient le secrétaire général. En 1923, fidèle aux membre du parti qui est hostile au traité de Versailles et à ses suites, il proteste contre l'occupation de la Ruhr. Il est arrêté et emprisonné. Élu député de Saint Denis en 1924, il appelle les peuples colonisés au soulèvement et félicite Abd el-Krim qui dirige l'insurrection du Rif. De nouveau arrêté, il es quelque peu molesté, puis remis en liberté.

De forte carrure, excellent orateur à la voix puissante, d'un tempérament passionné, Jacques Doriot devient vite une personnalité dans le monde politique où il se fait remarquer par une déclaration révolutionnaire où il demande aux prolétaires d'occuper les édifices publics et les usines. Il est alors explusé du parlement et incarcéré plusieurs fois, ce qui n'emêche pas de réclamer l'autodétermination pour l'Alsace Lorraine et de soutenir les révçolutionnaires indochinois en lutte contre le colonialisme français. En 1931, il est élu maire de Saint-Denis et, en 1932, il est réelu député de cette ville. Il est alors, membre du Bureau politique et du Comité central du parti communiste français. Mais, en désaccord avec le komintern, il entre en dissidence. Il dénonce le pacte franco-soviétqiue de 1935. En 1936, il est réelu déuité de Saint Denis.

En 1936, il fonde le parti populaire français de tendance fasciste; en 1937, il se démet de son mandat de député pour fonder le journal l'émancipation nationale. Mobilisé en 1939, il se bat courageusement et est décoré de la Croix de guerre comme lors de la première guerre mondiale.

Apèrs l'armistice de 1940, il se rallie avec fougue à une politique de collaboration active avec l'Allemagne nazie et devient conseiller de Vichy. Il est un des fondateurs de la légion des volontaires français contre le bolchevisme; au sein de celle-ci, il va combattre personnellement sur le front de l'Est; en 1943, il reçoit des Allemands la Croix pour le mérite et la Croix de fer. Il revient souvent à paris pour présider des meetings du PPF,dans lesquels il appelle de ses voeux la victoire des Allemands. En août 1944, devant l'avance américaine, il quitte Paris et se réfugie en Allemagne. Le 22 féveir 1945,sa voiture est mitraillé par des avions probablement allemands. Mortellement blessé, Jacques Doriot termine sa bizarre destinée.

Demain, nous évoquerons la marquise de Brinvilliers.

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07 février 2006

La résistance de Belfort

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Le 16 février 1871 se terminait pour le colonel Philippe Denfert-Rochereau, la fin d'un bras de fer qu'il menait avec les Prussiens menés par Treskov. Malgré leur résistance exceptionnelle, les raisons politiques ont eu raison du colonel: Belfort se rend. En effet, la France emmenée par Napoléon III perd la guerre le 3 septembre 1870. La France est envahie par les armées prussiennes. Cependant, malgré la perte, certaines poches de résistance se forment notamment à Belfort. 

Le général Leboeuf avait affirmé "l'armée prussienne n'existe pas". Or, rapidement, cette phrase si affirmative allait être balayée d'un coup de revers. Vers la mi Août, , la bataille des frontières est perdue; défaites de Forbach, de Froeschwiller, de Nancy en Août, de Sedan en Septembre. Les principales places fortes de l'Est capitulent. Paris est assiegée.

L'état du pays est tragique; à l'intérieur, c'est la désorganisation; à l'extérieur, la France ne rencontre que l'hostilité et l'incomphréansion. Mais surtout, sur le plan militaire, c'est le vide. Dès Sedan, la plupart des chefs militaires, et même le civil Jules Favre, d'accord avec le général Tronchi, ont estimé que la poursuite des hostilité serait une "héroique folie". D'ailleurs, les pourparlers de paix commencent.

La plupart des villes fortifiées situées entre Paris et la frontière du Rhin se rendent. Laon, le 9 septembre, Toul le 23, Soissons le 16 octobre, Metz le 27.

On a repproché au général Ugrich, à Strasbourg, d'avoir capitulé trop tôt. On en peut pas en dire autant du colonel Philippe Denfert-Rochereau, défenseur de Belfort.

Pourtant, à part les incorporés dépourvurs d'instruction militaire, sa garnison ne comprend que deux bataillons de ligne, cinq demi-batteries d'artillerie, une demi-compagnie du génie, au total seize milles hommes, dont trois milles vrais soldats. Les fortifications sont vétustes et certaines munitions datent d'un siècle.

Le 3 novembre le général Von Treskov, à la tête de trente milles hommes, somme la ville de capituler. "Moi vivant, rétorque Denfert-Rochereau, Belfort ne se rendra jamais". Quatre jours plus tard, Treskov lance son premier assaut qui se solde par un échec, comme les suivants. Les Allemands surnomment Belfort, "la fabrique de morts".

A partir du 3 décembre, l'état-major prussien décide un bombardement à outrance. En soixante treize jours, Belfort reçoit quatre vingts dix huit milles obus. Aux harcèlements de l'ennemi, s'ajoutent la faim et les épidemies, d'autant plus que les médicaments font défaut.

La population fait front à la garnison, s'abrite dans les sous sols. A la fin janvier, de terribles combats pour la prise de bastions avancés suscitent les premières et les rares déféctions.

L'armistice est signé depuis longtemps , mais Denfert-Rochereau se refuse toujours à capituler: le 13 février, un émissaire apporte un ordre impératif de cessez-le-feu. Le 16 février, le farouche colonel accepte, à contre coeur de se rendre.

La ville a le droit aux honneurs de la guerre, Treskov allant jursqu'à saluer Denfert-Rochereau de son épée. L'héroique polytechnicien a permis à la France de conserver ce morceau d'Alsace.

Jeudi, nous évoquerons Jacques Doriot.

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06 février 2006

La conférence de Brazzaville

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Le 8 février 1944, voilà donc, 62 ans se clôturait à Brazzaville, une conférence de la plus haute importance qui marque le point de départ de la prise de conscience des problèmes des colonies.

Cette conférence a débuté dix jours plus tôt, le 30 janvier 1944. C'est le général de Gaulle qui ouvre la conférence par un discours sur les nécessités de réforme. C'est René Pleven qui organise et préside cette conférence. Pleven avait contribué en 1940 au ralliement de l'Afrique Équatoriale Française à la France libre.

Quelle a été l'évolution de l'empire français d'outre-mer? En 1931, lorsque s'ouvre l'exposition coloniale, la guerre du Rif et la révolte des Druzes sont oubliées. Pourtant, une dizaine d'années plus tard, s'amorce la désintégration de l'empire français: en 1941-1943, la France reconnaît l'indépendence du Liban. Malgré les bonnes résolutions de Brazzaville, le mouvement émancipateur se poursuit.

Malgré la défaite du japon, la France ne pourra reprendre en main l'Indochine. De 1956 à 1962, elle perdra presque toute l'Afrique. A la veille de la Seconde Guerre Mondiale, l'ensemble colonial français représentait près de vingt-trois fois la superficie de la métropole et plus d'une fois et demie sa population. L'Afrique Occidentale Française et l'Afrique équatoriale française regroupaient à elles seules douze colonies, auxquelles s'ajoutaient Madagascar et cinq autres territoires.

Ce n'est pas un hasard que de Gaulle ait choisi Brazzaville pour y tenir la conférence : à la suite de la défaite de 1940, le Tchad, l'Afrique Équatoriale Française et l'Océanie se sont rangés aux côtés de la France libre. Le 28 août 1940, Sicé a soulevé le Moyen-Congo et remis les pouvoirs au colonel de Larminat. De Gaulle a débarqué à Douala en octobre, avant de confier le gouvernement de l'Afrique Équatoriale Française à Félix Eboué.

Dès décembre 1940, Radio-Brazzaville est devenue l'une des principales antennes gaullistes. En 1943, à la suite de l'occupation totale de la métropole par les allemands, la dissidence de l'empire tout entier est consommée. La mentalité de ses populations avait d'ailleurs évolué sous l'influence de la pression démographique et de divers autres facteurs, comme l'abandon des cultures vivrières et l'urbanisation relative , favorisant la formation d'élite indigènes. En recourant au travail forcé, Paris avait en outre excédé ses administrés d'outre-mer.

Enfin, comme l'a dit Lyautey, ce n'est pas "impunément" qu'on a rependu le droit des peuples à disposer d'eux-mêmes". La conférence de Brazzaville, dans l'esprit de ses promoteurs, ne vise pas à liquider la notion de colonialisme; il s'agit avant tout de resserrer les rangs, puis de proposer l'assimilation comme alternative à l'indépendance.

La Conférence, qui réunit des gouverneurs et des représentants de l'Assemblée constitutive , recommande des réformes administratives, mais aussi économiques et sociales (suppression du travail forcé, développement de l'enseignement et de l'hygiène). Elle prône la création d'assemblées locales, tablant sur les colons et les "évolués" et demande que tous les peuples soient représentées au Parlement. Elle annonce, en somme, l'Union française fondée en 1946.

Demain, nous évoquerons le siège de Belfort.

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03 février 2006

Grandeur et décadence de John Law

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Après avoir connu le pouvoir, l'argent et l'aisance, John Law a connu la descente aux enfers. Pourtant, malgré ce parcours assez malheureux, on peut le considérer comme le l'initiateur du système bancaire actuel.

John Law est né en Écosse, à Edimbourg le 21 avril 1671 dans une famille assez aisée. Son père était un riche orfèvre. A sa mort, le jeune John a 17 ans quand il hérité de la fortune familiale. Pris dans une affaire de duel qui a mal tourné, Law est obligé de fuir l'Angleterre pour le Continent. Il visite les différents pays européens: la France, l'Italie, l'Allemagne, la Hollande.

Lors de ses séjours, Law s'intéresse aux différents systèmes bancaires et commerciaux qui sont en place dans ces pays. Véritable expert, John Law met en évidence deux conclusions: la première est qu'une monnaie abondante est indispensable pour les échanges se développent. Ensuite, le papier monnaie est un moyen de paiement beaucoup plus sûr et plus avantageux que le métal précieux.

John law s'installe en 1710 à Paris. Très vite, il se fait un nom par ses talents et rapidement, les différents grands du Royaume cherchent ses services. C'est à cette époque, et succès aidant, il entre dans le cercle fermé du duc d'Orléans, le futur régent.

Installé au pouvoir, ce dernier autorise Law à fonder une banque privée, avec privilège d'éemettre des billets qui auront cours dans toutes les caisses publiques En effet, d'esprit ouvert, le duc cherche un moyen original de combler le déficit chronique des finances du royaume.

Créee, le 2 mai 1716, la banque Law connaît un succès immédiat. Le financier écossais a su créer la confiance; en effet, il accepte de rembourser ses billets au pair, quel que soit le titre, souvent modifié, de la monnaie métallique. Il organise la Compagnie d'Occident , qui jouit de nombreux privilèges commerciaux.

Devenue banque d'Etat, la banque Law est le théâtre d'une invraisemblable course au profit; des spéculateurs déchainés assiègent ses bureaux, rue Quincampoix, si bien qu'il faut barrer la rue aux heures de transactions; les actions de la Compagnie atteignent quarante fois la valeur nominale.

Honnête mais trop confiant, Law a l'imprudence d'imprimer trop de billets, avec une couverture métallique de un milliard deux cents millions, il en met sept à huit milliards en circulation; la moindre alerte peut anéantir le système.

C'est ce qui se produisit en février 1720. Les ennemis de Law ont écidé de réaliser brusquement leur billets.

Devenu contrôleur général des Finances, Law essaie, en vain, d'endiguer le désastre; la faillite survient en décembre 1730 et le banquier doit s'enfuir à Bruxelles, complétement ruiné. 

Pour la France, cet épisode économique est d'importance. L'expérience de Law a pu éffectivement résorber une grande partie la dette publique, mais elle a susité chez les épargnants, une méfiance tenace à l'égard du papier monnaie.

Il va mourir finalement, quelques années plus tard, en 1729, à l'âge de 58 ans d'une pneunomie. Il finit sa vie comme un homme pauvre dans l'une des plus belles villes européennes.

Lundi, nous évoquerons Félix Eboué.

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02 février 2006

La construction de la Tour Eiffel

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Le 6 juin 1884, Maurice Koechlin, l'un de principaux adjoints de Gustave Eiffel, réalise le premier dessin de ce que sera la Tour Eiffel.

Le 12 juin 1886, le projet, modifié par Eiffel lui même, est adopté par le Conseil des ministres sur recommandation de Lockroy. Le contrat est signé le 8 janvier 1887; le monument est achevé en mars 1889.

Mais la genèse et la construction de ce célebre symbole parisien ont connu un très grands nombres d'obstacles.

Dans l'esprit du gouvernement de la IIIe rèpublique, l'exposition universelle de Paris doit redorer le blason de la France, après la guerre perdue en 1870 et la perte de l'Alsace Lorraine. Pour ce faire, on compte sur une série d'attraction, dont la célébre gallerie des machines. A cette époque, le champ de Mars n'est qu'une vaste promenade.

Parmi le milliers projets proposés, souvent farfelus, l'un des plus intéressant est celui de Boursais, l'architecte du Trocadro. Il a eu l'idée d'une Tour du Soleil qui serait haute de 300 mètres environ. Son plan a obtenu, quelques temps, les faveurs d'Edouard Lockroy, ministre du commerce et de l'industrie. Pourtant, une maçonnerie de cette hauteur semble poser des problèmes insurmontables, de sorte que le ministre décide d'organiser un concours. Le lauréat aura l'honneur de construire cette attraction. 

Sur quelque sept cents projets, c'est celui de Gustave Eiffel qui l'emporte. Mais les protestataires sont nombreux. Les riverains d'abord mais surtout, les intellectuels et les artistes.

En février 1887n cinquante d'entre eux signent une pétition dénoncant cette "tour vertigineusement ridicule, dominant Paris, ainsi qu'une noire et gigantesque cheminée d'usine écrasant de sa masse barbare Notre Dame ... Le Louvre ... l'Arc de Triomphe, tous nos monuments humiliés..." Parmi les signataires, on relève les noms d'Alexandre Dumas Fils, Leconte de Lisle et Charles Gounod.

Pourtant les travaux commencent le 26 janvier 1887, se poursuivent sans problème. On creuse les fondations de 14 mètres et quatre blocs de maçonnerie de 26 mètres carré soutiennent la superstructure. L'ossature métallique est réalisée en atelier et le montage est effectué à partie du 1er juillet. Les 15 000 pièces métalliques sont numérotées puis assemblées à l'aide de 2.5 millions de rivets.

Le 1er avril 1888, la première plate forme est achevée. Le 14 août, c'est au tour de la deuxième, à 115 mètres, et le 24 févirer 1889 de la troisième , à 274 mètres.

L'oeuvre porte le nom de Gustave Eiffel, mais doit beaucoup à ses collaborateurs Émile Nouguier et Maurice Koechlin. Eiffel, le "Magicien du fer" s'est déjà rendu célebre par plusieurs ponts, en France et à l'étranger. C'est de son atelier que sortiront, quelques années plus tard, certaines écluses de Panaman et l'ossature de la Statue de la Liberté.

Demain, nous évoquerons John Law.

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31 janvier 2006

Les premiers succès littéraires de Somerset Maugham

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Il y a quelques jours, le 25 janvier plus précisement, les cercles littéraires ont célébré le 132ème anniversaire de l'écrivain britannique le plus français du XXème siècle: William Somerset Maugham. Il n'est pas faible de dire que Maugham a été l'écrivain britannique le plus populaire de son temps. Auteur prolifique, il a écrit vingt romans, neuf volumes de nouvelles, trente et une pièce de théâtre et sept volumes de poésie.

A la lecture de sa biographie, on peut s'apercevoir qu'aux deux extrémités de sa vie, Maugham a été étroitement lié à la France. Il est né le 25 janvier 1874 à Paris en terre britannique, à l'ambassade britannique. Ses parents vivaient en France tout en gardant une liaison avec leur pays d'origine. Son père travaillait à l'ambassade britannique.

91 ans plus tard, Maugham s'était retiré à Saint-Jean-Cap-Ferrat où il continuait à écrire. Et, c'est dans sa résidence, qu'il possédait depuis plus de cinquante ans, qu'il décéde le 16 décembre 1965.

Le jeune William passa sa jeunesse en France auprès de ses parents. En 1882, sa mère meurt de la tuberculose et deux ans plus tard, son père décède d'un cancer.

William est seul en France. Il va être recueilli par son oncle, le réverand Henry Maugham qui habite à Whitsatle dans le Kent. A 10 ans, le jeune William ne parle que le français. Il écrira dans son roman autobiographique Summing up, paru en 1938, qu'il était à cette époque malheureux et anxieux.

Pour celui qui était destiné à être un juriste, Maugham va briser la tradition familiale et il étudie pendant six années la médecine à Londres. Il obtient son diplôme en 1897 à l'école Saint Thomas de Londres. C'est à cette époque, qu'il commence à écrire ses premiers romans et pièces de théâtre.

C'est durant sa dernière année d'études qu'il écrit son ouvrage qui sera son premier succès littéraire Liza de Lambeth en 1897. C'est ce premier succès l'encourage à abandonner la médecine et à se consacrer à l'écriture à plein temps.

Sa première pièce, A man of Honour a été produite en 1903. Quatre de ses pièces sont données simultanément à Londres en 1904. Cependant, après son premier succès littéraire en 1897, Maugham restera, pendant dix ans, sans connaître le moindre succès populaire pour un roman.

Le premier ouvrage de la consécration pour William est le roman semi-autobiographique Of Human Bondage en 1915. Cet ouvrage retrace l'enfance, l'adolescence et les premières heures d'homme de Philip Carey, un homme au pied déformé. Philip n'a connu ses parents que pendant un bref moment. Il est élevé par son oncle et sa tante dans la religion qui débouche sur une vie sociale assez insatisfaisante. Il part à Paris pour étudier l'art, et à l'âge de 30 ans, il devient docteur. Il s'unit à Sally Athelney , une femme normale, riche et heureuse.

C'est à cette époque, qu'il rencontre Sylvie Wellcome, la fille du Docteur Bernardo. L'heure de la première guerre mondiale a sonné. Maugham, agé de quarante, intégre l'unité d'ambulance de la Croix Rouge de France.

C'est à cette époque, sur le front ouest qu'il rencontre un jeune américain de San Frasico, âgé de vingt deux ans, Gerald Haxton. Les deux hommes deviennent rapidement amoureux et amant et cette histoire durera jusqu'à la mort de Gerald en 1944.

C'est à cette époque que Maugham a été invité par Sir John Wallinger, à devenir un agent secret en Russie pour les services secrets britanniques et américains.

La guerre touche bientôt à sa fin et Maugham et Sylvie Wellcome se marient en 1917 même s'ils mènent une vie séparée. De cette union, naîtra une fille.

Malgré son mariage et quelques liaisons, William Somerset Maugham était homosexuel. Cependant, il avait dû cacher sa sexualité de peur qu'il ne subisse le même sort qu'Oscar Wilde, surtout depuis que la gloire lui sourit.

Maugham se consacre aux voyages en compagnie de son ami intime Gerald Haxton des mers du Sud jusqu'à la Chine et l'Amérique du Sud. Ces voyages l'ont inspiré. Il y consacrera une part de son oeuvre à ces voyages. Par exemple, la nouvelle Rain a été insiprée par un missionnaire et un prostitué voyageant avec lui à Pago Pago.

Cependant, la situation entre les deux époux devient intolérable en raison de la présence sans cesse plus grande de Gerald. William et Sylvie divorcent en 1928.

Somerset Maugham accumule les succès comme Six pences and the moon en 1919. Commence alors, pour lui, une vie prospère et plus libre. Il devient rapidement l'écrivain le mieux payés des années 30.

Demain, nous évoquerons Gustave Eiffel.

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30 janvier 2006

L'occupation franco-belge de la Ruhr

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Il aura fallu cinq ans pour que la première guerre mondiale cesse. Cinq années de combats intenses, de morts, de blessés et de destructions matérielles. Le 11 novembre 1918, l'Allemagne renonce et signe l'armistice.

C'est une Europe qui sort à la fois, détruite et affaiblie au plan politique et économique. Dès lors, l'une des motivations principales des vainqueurs est de réorganiser l'Europe pour éviter un nouveau conflit mondial et pour que cette première guerre demeure la der des der.

Une des préoccupations des hommes politiques étaient la sanction que devait subir l'Allemagne vaincue. Elle avait provoqué la guerre, avait détruit et devait donc, réparer. C'est dans cet objectif que les vainqueurs entament des négociations pour règler les conséquences de ce conflit mondial.

Ces débats débouchent sur différents accords dont le Traîté de Versailles conclu entre la France, les alliés et l'Allemagne en 1919. Cette dernière était en position très affaiblie, sa marge de manoeuvre était nulle.

Les principales dispositions du traîté étaient la restitution de l'Alsace Lorraine à la France, l'administration de la Sarre par la Société des Nations, l'organisation d'un plébicite au Slesvig et en Silésie, la création du couloir de Dantzig et surtout le versements par l'Allemagne d'une somme de 20 milliards de marks-or au titre des réparations.

Cependant dès 1921, l'Allemagne tente de gagner du temps. La France, de son côté, s'impatiente jursqu'à ce mois de janvier 1923 où cinq division, trois françaises et deux belges traversent la zone démilitarisée et occupent la Ruhr, base de la puissance industrielle allemande. C'est un évenement qui fait la une des journaux et provoque en Europe et aux États Unis une profonde émotion.

L'homme responsable de cette invasion est le Président du Conseil et Ministre des affaires étrangères, Raymond Poincaré. La classe politique et l'opinion publique soutiennent ce geste fort. Le Président de la République, Alexandre Millerrand donne son accord. La France compte, également, sur le soutien de la Belgique et de l'Italie.

Pour Poincaré, cette occupation de la Ruhr, est un gage. Il veut obliger les Allemands à se soumettre aux sanctions déterminées lors du Traité de Versailles. Or, l'Allemagne a tenté de gagner du temps et de limiter les sanctions. Depuis 1920, les différents gouvernements allemands invoquent le marasme économique et monétaire du reich notamment la chute du mark.

Pour la France, c'est inadmissible, l'Allemagne n'a même pas fourni les prestations en nature exigées par la Commission interalliée. En cette année 1922, le Reich n'avait remis que 78% du charbon et 84% du coke qu'elle aurait dû donner.

Les Allemands accusent la France de vouloir achever, ruiner l'Allemagne. Poincaré réplique qu'il vient simplement "chercher du charbon qu'il peut obtenir d'elle, ce qu'elle peut raisonnablement nous verser. "

A peine déclancher, l'opération provoque une explosion d'indignation en Allemagne et une immense réaction de "résistance passive" dans la Ruhr. Cheminots, ouvriers, fonctionnaires ripostent à l'entrée des troupes alliées par une grêve générale. Les trains ne circulent plus, les usines s'arrêtent, le charbon ne sort plus des mines.

Face à cet arrêt de la production, les français et les belges s'organisent. Des mineurs et des spécialistes arrivent de France et de Belgique. Les trains sont remis en marche, les usines et les mines tournent à nouveau.

La résistance allemande se raidit alors et devient active. De violents incidents se produisent aux usines Krupp. des sabotages provoquent des déraillements. Des cours martiales jugent des activistes. En dépit de ces réactions, , de la condamnation par les opinion américaine et britannique et même par le Vatican, Poincaré s'obstine et "attend patiemment que l'Allemagne revienne à la raison".

Cette obstination est récompensée. Le 27 septembre, le chancelier Stresemann annonce l'abandon de la résistance passive. Les soutiens accordés aux travailleurs de la Ruhr ont provoqué l'effondrement du mark. En un an, le dollar est passé de 7250 mark à 12 milliards. Berlin offre d négocier avec Paris, mais Poincaré refuse et entend régler le problème dans le cadre de l'interallié.

La solution intervient en avril 1925. La mise au point d'un plan de règlement dépendra d'un emprunt international au bénéfice de l'Allemagne et de l'évacuation de la Ruhr.

Cependant, l'année 1923 sera une année noire pour l'Allemagne car quelques mois plus tard, en novembre, Adolf Hitler allait faire parler de lui en étant l'acteur principal d'un putsch.

Demain, nous évoquerons Williams Somerset MAUGHAM.

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26 janvier 2006

L'affaire Berthet, la genèse du Rouge et le Noir

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Il y a 223 ans, naissait un des plus grands écrivains français de tout les temps: Henri Beyle plus connu sous le nom de Stendhal. Le Rouge et le Noir, La Chartreuse de Parme et autres Chroniques italiennes sont autant de chefs d'oeuvre qu'on a le plaisir de lire et relire.

Aujourd'hui, nous allons évoquer l'inspiration du maître. Comment Stendhal a t-il été inspiré pour écrire le Rouge et le Noir? En effet, quel évenement a inspiré Julien Sorel ou Louise de Rênal à Stendhal? Même s'il s'agit de personnages fictifs, Stendhal s'est appuyé sur ses contemporains pour dresser le portrait de ce jeune ambitieux de Julien et des autres protagonistes du roman.

La trame du rouge et le Noir a été inspirée par deux évenements tragiques qui se sont déroulés quelques années avant 1830. Il s'agit de deux affaires criminelles qui eurent, à l'échelle locale, un retentissement certain.

La première affaire est celle d'un ouvrier nommé Lafargue, qui a assassiné sa maîtresse car il la croit infidèle. Il sera condamné à cinq année de prison en 1829. Cette première affaire a une ressemblance assez grossière avec le rouge et le Noir. On a juste les caractères assez généraux des protagonistes.

La seconde affaire a été portée à la connaissance de Stendhal par la gazette des Tribunaux de Grenoble. Il venait quelques fois, séjourner chez sa soeur, dans le château de Thuelin. Différents éléments sont semblables à l'ouvrage.

Antoine Berthet est le dernier fils du forgeron de Brangues, situé dans l'Isère. Il est d'origine modeste mais doué d'une très grande intelligence. Très tôt, Antoine se rend compte qu'il n'est pas doué pour les travaux manuels, et il préfere se réfugier dans les livres. Sa culture, il la fortifie chez le curé du village qui lui fait découvrir de nouvelles choses et l'initie au Latin. Il entre, quelques mois plus tard, au petit séminaire de Grenoble. La vie écclésiastique lui ne convient guère et il est écarté pour son manque d'intérêt pour le religieux.

Dès lors, il entre dans une famille de grande renommée, les Michoud de la Tour, bourgeois de Brangues. Monsieur Michoud est le maire de la commune. Selon des rumeurs, Antoine et Jeanne Michoud auraient eu une liaison amoureuse. Découvert, il est renvoyé.

Il entre dès lors au service en qualité de domestique du comte de Cordon, un noble savoyard. Il avait séduit la fille du comte et avait réussi à faire bonne impression devant le comte. Telle n'est pas sa surprise lorsqu'il est renvoyé du château de la Barre.

Pourquoi a t-il été renvoyé? Il pense rapidement que sa bienfaitrice, Jeanne Michoud a envoyé une lettre au comte dénonçant les agissements d'Antoine dans le but de se venger. Antoine rentre dans une colère terrible. Il n'a qu'une seule idée: se venger.

Le dimanche 22 juillet 1827, pendant la célébration de la grand messe, Antoine Berthet rentre à grand bruit dans l'église paroissale . Il cherche du regard sa victime puis tire. Dans l'Église c'est l'affolement. Les cris accompagnent la chute de son banc de madame Michoud. Le jeune Antoine tourne son pistolet contre lui et tire.

Les deux protagonistes de cette affaire vont être sauvés de la mort. Le suicide d'Antoine a échoué. Il va être arrêté et incarceré à Bourgain.

Lors du procès, l'accusation souligne le caractère odieux du personnage: son ambition dévorante, le projet d'assassinat envers une femme lors de l'office. La sentence est dure. Il est condamné à mort. Il sera guillotiné le 23 février 1828, place Grenette à Grenoble.

Stendhal a toujours eu une passion pour les histoires criminelles et il s'intéressa à cette histoire car pour lui Berthet avait toutes les caractéristiques pour former un grand caractère: jeune, pauvre, instruit, ambitieux. Qui eut cru que ce fils de forgeron deviendrait à titre posthume, à travers Julien Sorel, l'un des grands personnages de la littérature française.

Demain, nous évoquerons l'invasion de la Ruhr.

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24 janvier 2006

Urbain Grandier et les possédées de Loudun

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Il y a certaines anecdotes qui marque sans avoir jouée un grand rôle dans l'Histoire de France. Au même titre que la bête du Gévaudan, les possédées de Loudun reste l'une des anecdotes les plus connues du XVIIème siècle. Il n'est pas un hasard, qu'à cette époque, cette histoire eut un retentissement certain en raison de l'atmosphère passionnelle qui règne à cette époque.

Nous sommes en 1634, sous le règne de Louis XIII, dans la petite ville de Loudun, près de Poitiers. Le Mercure français consacre un très long article sur les "possédées religieuses ursuline de Loudun". L'article donne des détails très précis sur les différents protagonistes et les faits qui se sont déroulés. Cet article annonce que le 18 août, le curé de la paroisse Saint-Pierre, Urbain Grandier a été brûlé vif sur la place Sainte-Croix, pour le crime de sorcellerie.

Les débuts de l'histoire remonte en 1632. Urbain Grandier, âgé de 27 ans est nommé curé de Loudun. Grandier est dôté d'un physique très avantageux, très cultivé, intelligent, fûté, et d'un naturel querelleur. Très rapidement, l'arrivée de ce jeune curé divise la ville.

D'un côté, les femmes qui apprécient ce prêtre et aiment être en sa compagnie et, d'un autre côté, les autres moines qui n'apprécient pas cet intérêt si soudain et qui voient surtout que leur influence s'est considérablement affaibli.

Grandier est détesté d'une partie de la ville. Il faut dire que son comportement prêtre à ce sentiment. Le prêtre Grandier affiche ses moeurs libertines, et manifeste un très intérêt aux femmes. Sur un plan religieux, il écrit un traîté contre le célibat des prêtres et sur un plan politique, il serait l'auteur d'un pamphlet contre le Cardinal de Richelieu.

Ces hostilités s'affichent lors des différents procès qu'on lui intente et réussit à s'en échapper. Il ne s'agit que de procès dont l'enjeu est mineur. Cependant, il ne se relèvera pas d'un crime suprême: la sorcellerie. En effet, depuis septembre 1632, des rumeurs font le tour de la ville pour dénoncer ce jeune prêtre comme étant le responsable des cas de possession de jeunes religieuses du couvent des Ursulines. Les religieuses sont pris de gestes et de comportement inexpliqués. Aux yeux du directeur du couvent, le chanoine Mignon, c'est son son adversaire Grandier qui en est responsable. Il envoûte les jeunes femmes si bien qu'elles en rêvent la nuit.

Des séances d'exorcisme sont pratiquées pour faire sortir les démons de ces corps. D'ailleurs, ces séances accusent le prêtre comme auteur des maléfices. Les possédées injurient les prêtes qui viennent à leur secours.

Toute la France se passionne pour l'affaire de Loudun. Toute la France, même à la tête de l'Etat, le cardinal de Richelieu. Il décide d'intervenir car une des religieuses atteintes de ce mal étranger est madame de Razilly, qui appartient à un groupe proche de Richelieu. Il confie l'affaire à un de ses proches, le conseiller d'Etat Laubardemont pour arrêter Grandier et instruire son procès.

Le prête proteste de son innocence. Mais, accablé par les propos des religieuses, il est condamné à la peine capitale. Il est exécuté de peu de temps après. Il périt sur le bûcher sans verser de larme, et, pour l'époque, il s'agit d'un comportement qui prouve la culpabilité.

L'affaire des possédées devrait être close après l'exécution du fauteur de trouble. Or, il n'en est rien, les cas de possession se poursuivent. Les séances d'exorcisme spéctaculaire cesse et progressivement l'attention médiatique se calme surtout lorsque la prieure Jeanne des Anges renonce à sa qualité de possédée pour celle de visionnaire.

Que s'est-il passé? L'explication logique à l'époque était les évenements surnaturels. Explication qui restera dans l'imaginaire collectif jusqu'à des temps récents où la science a mis en lumière les maladies du psychisme.

Jeudi, nous évoquerons Stendhal.

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