kipling

Il y a moins d'une semaine, on a pu célébrer le 141ème anniversaire de la naissance de Joseph Rudyard Kipling et dans quelques jours, le 18 janvier, plus précisement, on célébrera les 70 ans de son décès. Aujourd'hui, le nom de Kipling est associé à l'un des plus grand chef d'oeuvre de la littérature enfantine, le livre de la jungle. Il n'est pas trop fort de dire que Kipling peut être regardé comme l'un des plus grands écrivains de la fin du XIXème et du début du XXème siècle. Cette dimension est à la hauteur de ses différents succès populaires tels que le livre de la jungle ou Kim et de sa consécration par l'attribution du prix Nobel de littérature en 1907.

Même encore aujourd'hui, l'affection populaire est toujours palpable. En 1995, voilà onze ans, un sondage a été effectué afin de consacrer le poème le plus apprécié des britanniques. Le lauréat est le poème if de Kipling qui sonne aujourd'hui comme une oeuvre des plus connues au monde.

Cependant, environ cent ans séparent cette reconnaissance populaire et ce sondage. Cependant, la reconnaissance n'a toujours pas été aussi glorieuse pour Kipling et, il fut même un temps où ses idées dérangeaient. Et sa réputation était souvent, battue en brêche dans les cercles littéraires.

Il est sûr que rappeler cette "polémique" est peu commémoratif pour le 70ème anniversaire de sa mort et que Kipling méritait mieux. Mais, ce passé fait partie du personnage et c'est l'occasion idéale de replacer ses idées dans le contexte de l'époque et non pas d'éclairer le passé à la lumière du présent. Il s'agit, ici, d'une synthèse des différents arguments qui ont pu être émis.   

Alors quels sont les reproches faits à l'auteur?

Les reproches faits à Kipling sont concentrés autour de son adhésion à la politique colonialiste de l'Empire britannique. Ainsi, Kipling est "l'écrivain colonialiste", par excellence, privilégiant l'oeuvre et l'interventionnisme européenne car il estimait que les colonies seraient incapables de se gérer elles-mêmes. 

On pourrait trouver différents exemples dans ses oeuvres où ses idées étaient clairement exprimées. Ainsi, on trouverait chez Rudyard Kipling un personnage indien qui se situerait toujours dans un état de nécessite et de subordination dûe à une incapacité de survie sans l'apport des européens. L'exemple le plus probant serait Mowgli, personnage du livre de la jungle, un enfant sauvage mis en difficulté dans un monde dangereux.

Les réponses apportées par les defenseurs de Kipling sont les suivantes : tout d'abord, les critiques sont issues de ses oeuvres. On assimile les propos des personnages de Kipling à son auteur. Ensuite, Kipling a su brosser le portrait, avec sympathie des indiens notamment dans Kim. Kipling aurait permis aux britanniques de mieux comprendre ces populations lontaines de Londres.   

Quoi qu'il en soit, Kipling est un fervant admirateur de l'empire britannique et de son oeuvre sur ces populations. Il a pu d'ailleurs, constater ces effets sur place en voyageant notamment en Inde, où il est né, ou en Afrique du Sud pour faire son métier de journaliste.

Kipling est un homme de son temps, les paroles, les traits de caractère qu'il donne à ses personnages sont finalement ceux de la réalité. L'opinion publique britannique est très majoritairement favorable à cette idée de colonialisation. Ces propos sont propres au contexte historique dans lequel ils sont émis et aujourd'hui, il est fortement condamnable d'emettre une telle idée.

A l'heure où l'empire colonial britannique s'effondre, Kipling est certainement nostalgique. Lui, qui est né à Bombay aux Indes, sous le règne de Victoria, c'est-à-dire à l'âge d'or de l'Empire britannique. Il faut rappeler que le jeune Joseph n'a que onze ans lorsque Disraeli fait couronner Victoria, impératrice des Indes.

Ainsi, pour Orwell, "l'opinion publique anglaise a voulu noyer le fantôme de ses propres responsabilités". D'ailleurs, ses qualités littéraires l'ont finalement emportées".

Certes, Kipling a pleinement partagé le paternalisme et la bonne conscience des colons de son temps, mais il a observé avec une telle sympathie de la vie indienne. Pour s'en rendre compte, il n'y a simplement qu'à relire ses oeuvres pour comprendre qu'il était fasciné par le décor des Indes et aussi par ses populations.

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Je vous invite à relire le poème préféré des anglais If

If you can keep your head when all about you

Are losing theirs and blaming it on you;
If you can trust yourself when all men doubt you,
But make allowance for their doubting too;
If you can wait and not be tired by waiting,
Or, being lied about, don't deal in lies,
Or, being hated, don't give way to hating,
And yet don't look too good, nor talk too wise;

If you can dream - and not make dreams your master;
If you can think - and not make thoughts your aim;
If you can meet with triumph and disaster
And treat those two imposters just the same;
If you can bear to hear the truth you've spoken
Twisted by knaves to make a trap for fools,
Or watch the things you gave your life to broken,
And stoop and build 'em up with wornout tools;

If you can make one heap of all your winnings
And risk it on one turn of pitch-and-toss,
And lose, and start again at your beginnings
And never breath a word about your loss;
If you can force your heart and nerve and sinew
To serve your turn long after they are gone,
And so hold on when there is nothing in you
Except the Will which says to them: "Hold on";

If you can talk with crowds and keep your virtue,
Or walk with kings - nor lose the common touch;
If neither foes nor loving friends can hurt you;
If all men count with you, but none too much;
If you can fill the unforgiving minute
With sixty seconds' worth of distance run -
Yours is the Earth and everything that's in it,
And - which is more - you'll be a Man my son!

Jeudi, nous évoquerons l'éléction d'Emile LOUBET à la présidence de la République.