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Le 23 février 1958, un évènement hautement symbolique fit la une de tous les média. La portée mais surtout l'identité des protagonistes font de cet évènement, une nouvelle d'envergure mondiale.

Il s'agit d'un enlèvement qui a pour victime le quintuple champion de formule un, l'argentin Juan Manuel Fangio. Fangio se retrouve, magré lui, pris dans le tourment du la révolte emenée par Fidel Castro contre le régime de Fulgencio Batista à la fin des années 50.

Après être sorti de prison le 15 mai 1955, Fidel Castro et son frère cadet Raul se dirigent vers la Capitale Mexico pour organiser la guerre contre Batista"Nous revenons car nous pouvons apporter la liberté et le droit de vivre décemment sans despotisme ni colère." C'est dans ce contexte de rebéllion que Fangio va être enlevé. Comment peut-on organiser un grand prix alors que la population cubaine vit dans la misère?

Le pilote argentin est dans sa chambre à l'hôtel Lincoln, de la Havane lorsqu'un jeune homme, Faustino Pérez, avec un manteau en cuir s'approche de lui et pointe un revolver :"Fangio, tu dois me suivre. Je suis un des membres du mouvement révolutionnaire du 26 juillet".

Un des amis de Fangio a pris un presse papier pour essayer de maîtriser l'agresseur. Le jeune homme pointa son revolver sur l'ami et lui ordonna de rester à sa place. C'est sous la contrainte que Fangio suivit l'homme dans une voiture qui les attendaient en bas.

Dans la ville où se déroulait le grand prix de Cuba, Fangio ne pouvait pas être une victime ordinaire. Ses ravisseurs avaient dans l'idée de provoquer une réaction d'ordre internationale contre la politique menée par Batista. Si Batista veut attirer les touristes avec un grand prix, il n'a qu'à le faire sans le champion du monde en titre.

Les rebelles de Fidel Castro embarrassent les autorités et les organisateurs. Comment promouvoir le grand prix alors que le champion en titre est absent et qu'on sait qu'une menace plane sur sa vie?

Cependant, la course n'est pas annulée. L'après midi, les voitures sont prêtes, la piste est nettoyée. Une foule de 150 000 personnes s'amassent le long du circuit. La commission nationale cubaine des sports retarda la course d'une heure, temps suffisant pour se rendre compte que la rumeur à propos d'une libération du champion était infondée. C'est finalement, le pilote français Maurice Trintignant qui pris la place de Fangio dans une Maserati bleu. Les protagonistes sont prêts, la course peut commencer.

Fangio, à ce même moment est dans un appartement confortable sous la garde de quelques hommes. Il avait bien mangé, un repas composé de bifteck et de pommes de terre, de riz et de poulet. Puis, il fit une petite sieste. Faustino Pérez et Castro sont venus le voir pour s'excuser du dérangement. Les rebelles ont même mis à côté de Fangio, une petite radio pour qu'il puisse écouter la course. Il la refusa. A ce moment là, Fangio a peur pour sa vie. Il ne craint pas les ravisseurs, mais d'un éventuel échange de tirs entre la police et les rebelles.

C'est la Ferrari du britannique Moss Stirling qui mène devant une autre Ferrari de Masten Gregory. La Maserati de Fangio ne pointe qu'au 13e rang. C'est alors que se produit un accident, un pilote glissa sur une plaque d'huile et fila droit dans la foule. Le bilan officiel est lourd, quarante victimes dont sept morts.

Finalement, après 26 heures, les rebelles relâchent le champion argentin à l'ambassade d'Argentine. D'ailleurs, c'est ce même pilote qui déclare quelques heures plus tard. "C'est plus qu'une aventure".

Demain, nous évoquerons Victor de Persigny