persigny

L'année prochaine, en ce mois de janvier, nous fêterons le bicentenaire de la naissance d'un des hommes politiques les plus influents du second Empire: Jean Gilbert Fialin, duc de Persigny. Il a su marqué son action politique par son franc parler, sa vivacité et son implication dans le régime du second Empire. Second Empire dont il est l'un des investigateurs et le plus fervent défenseur.

Fialin est né le 22 janvier 1808, c'est à dire en pleine période de gloire de Napoléon Bonaparte. Et pendant toute sa vie, il va voir s'installer différents régimes: Le premier Empire, la première restauration, les 100 jours, la seconde restauration, la monarchie de Juillet, la seconde république, le second empire et la troisième république.

Alors qui est-il? Fianlin est né dans une famille de la petite noblesse ruinée par les spéculations malheureuses.Son père était soldat de la Grande Armée où il fut tué en Espagne. C'est la même voie que le jeune Jean Gilbert emprunte. A 17 ans, il s'engage dans l'armée.

C'est à cette époque qu'il abandonne ses convictions royalistes au profit de l'idéal républicain. Il prend part de façon active à la Révolution de Juillet. Ses supérieurs décident de le mettre en congés pour insubordination en 1831. Il se lance dans le journalisme. Il collabore au Temps et regarde avec intérêts aux idées saint-simoniennes.

C'est à la lecture du Mémorial de Sainte-Hélène qu'il prend le parti des idées bonapartistes. Il décide de propager ses idées en fondant une revue, l'occident français en 1834. Cependant, l'idée tourne court. Après la parution du premier numéro, la revue cesse en raison de probème financier.

Peu de temps après, il est introduit à Arenenber, auprès de Louis Napoléon Bonaparte. Il s'agit, pour lui, d'une rencontre qui va bouleverser sa vie. Il est l'un des principaux coups de force de Strasbourg en 1836. Malheureusement, c'est un échec et doit s'enfuir en Angleterre.

Quatre années plus tard, il participe à la tentative de Bologne. Arrêté, il est condamné à une peine de vingt ans de prison. Il est libéré par la révolution de 1848. Il organise le parti bonapartiste et aboutit à l'élection de Louis-Napoléon à la présidence de la République. Pendant ce temps là, Persigny, entant que député, apporte son soutien au Président. Soutien qui se manifeste quelques années plus tard, lorsqu'il prend part au coup d'état du 2 décembre et au rétablissement de l'Empire.

L'heure de la reconnaissance de sa fidélité au nouvel Empereur a sonné. Il est nommé au poste de ministre de l'intérieur le 22 janvier 1852 lorsque Morny démissionne.

Son action fonde les bases du régime autoritaire. Il rédige avec Baroche la nouvelle loi électorale, choisissant les candidats officiels. Il limite l'action de la presse par le décret loi du 17 février 1852. Il favorise le culte de l'empereur et le soutien populaire à travers les plébicites. Il démissionne le 23 juin 1854 pour des raisons de santé et volonté de l'empereur. Il devient ambassadeur à Londres en 1860.

Il est rappelé en 1860 en période d'évolution libérale. Il adoucit un peu la loi sur la presse. Cependant, son sectarisme provoque une montée de l'opposition lors des élections de 1863. Louis-Napoléon se doit, alors, de l'écarter du pouvoir. : "Je le dis avec regret, votre retraite provisoire peut seule ramener le calme dans l'opinion publique". En contrepartie, il l'éleva au rang de duc. "C'est un embaumement" ironise Prosper Mérimé

1870 est l'année de la défaite de Sedan et la décheance de Napoléon III. Il vit, dans la disgrâce, loin du pouvoir. Il était assez déçu d'être écarté du pouvoir par Louis-Napoléon et vivra toujours avec le regret de n'a pouvoir pu appliquer ses idées.

Reste la reconnaissance et la bienveillance de napoléon III qui transparaissent avec humour pour l'éternité: "Quel gouvernement que le mien; l'impératrice est légitimiste, le prince Jérôme est républicain, Morny orléeniste, je suis moi-même socialiste. Il n'y a qu'un bonapartiste c'est Persigny, et il est fou".

Lundi, nous évoquerons la mort de Louis XVI.