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Il y a certaines anecdotes qui marque sans avoir jouée un grand rôle dans l'Histoire de France. Au même titre que la bête du Gévaudan, les possédées de Loudun reste l'une des anecdotes les plus connues du XVIIème siècle. Il n'est pas un hasard, qu'à cette époque, cette histoire eut un retentissement certain en raison de l'atmosphère passionnelle qui règne à cette époque.

Nous sommes en 1634, sous le règne de Louis XIII, dans la petite ville de Loudun, près de Poitiers. Le Mercure français consacre un très long article sur les "possédées religieuses ursuline de Loudun". L'article donne des détails très précis sur les différents protagonistes et les faits qui se sont déroulés. Cet article annonce que le 18 août, le curé de la paroisse Saint-Pierre, Urbain Grandier a été brûlé vif sur la place Sainte-Croix, pour le crime de sorcellerie.

Les débuts de l'histoire remonte en 1632. Urbain Grandier, âgé de 27 ans est nommé curé de Loudun. Grandier est dôté d'un physique très avantageux, très cultivé, intelligent, fûté, et d'un naturel querelleur. Très rapidement, l'arrivée de ce jeune curé divise la ville.

D'un côté, les femmes qui apprécient ce prêtre et aiment être en sa compagnie et, d'un autre côté, les autres moines qui n'apprécient pas cet intérêt si soudain et qui voient surtout que leur influence s'est considérablement affaibli.

Grandier est détesté d'une partie de la ville. Il faut dire que son comportement prêtre à ce sentiment. Le prêtre Grandier affiche ses moeurs libertines, et manifeste un très intérêt aux femmes. Sur un plan religieux, il écrit un traîté contre le célibat des prêtres et sur un plan politique, il serait l'auteur d'un pamphlet contre le Cardinal de Richelieu.

Ces hostilités s'affichent lors des différents procès qu'on lui intente et réussit à s'en échapper. Il ne s'agit que de procès dont l'enjeu est mineur. Cependant, il ne se relèvera pas d'un crime suprême: la sorcellerie. En effet, depuis septembre 1632, des rumeurs font le tour de la ville pour dénoncer ce jeune prêtre comme étant le responsable des cas de possession de jeunes religieuses du couvent des Ursulines. Les religieuses sont pris de gestes et de comportement inexpliqués. Aux yeux du directeur du couvent, le chanoine Mignon, c'est son son adversaire Grandier qui en est responsable. Il envoûte les jeunes femmes si bien qu'elles en rêvent la nuit.

Des séances d'exorcisme sont pratiquées pour faire sortir les démons de ces corps. D'ailleurs, ces séances accusent le prêtre comme auteur des maléfices. Les possédées injurient les prêtes qui viennent à leur secours.

Toute la France se passionne pour l'affaire de Loudun. Toute la France, même à la tête de l'Etat, le cardinal de Richelieu. Il décide d'intervenir car une des religieuses atteintes de ce mal étranger est madame de Razilly, qui appartient à un groupe proche de Richelieu. Il confie l'affaire à un de ses proches, le conseiller d'Etat Laubardemont pour arrêter Grandier et instruire son procès.

Le prête proteste de son innocence. Mais, accablé par les propos des religieuses, il est condamné à la peine capitale. Il est exécuté de peu de temps après. Il périt sur le bûcher sans verser de larme, et, pour l'époque, il s'agit d'un comportement qui prouve la culpabilité.

L'affaire des possédées devrait être close après l'exécution du fauteur de trouble. Or, il n'en est rien, les cas de possession se poursuivent. Les séances d'exorcisme spéctaculaire cesse et progressivement l'attention médiatique se calme surtout lorsque la prieure Jeanne des Anges renonce à sa qualité de possédée pour celle de visionnaire.

Que s'est-il passé? L'explication logique à l'époque était les évenements surnaturels. Explication qui restera dans l'imaginaire collectif jusqu'à des temps récents où la science a mis en lumière les maladies du psychisme.

Jeudi, nous évoquerons Stendhal.