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Il aura fallu cinq ans pour que la première guerre mondiale cesse. Cinq années de combats intenses, de morts, de blessés et de destructions matérielles. Le 11 novembre 1918, l'Allemagne renonce et signe l'armistice.

C'est une Europe qui sort à la fois, détruite et affaiblie au plan politique et économique. Dès lors, l'une des motivations principales des vainqueurs est de réorganiser l'Europe pour éviter un nouveau conflit mondial et pour que cette première guerre demeure la der des der.

Une des préoccupations des hommes politiques étaient la sanction que devait subir l'Allemagne vaincue. Elle avait provoqué la guerre, avait détruit et devait donc, réparer. C'est dans cet objectif que les vainqueurs entament des négociations pour règler les conséquences de ce conflit mondial.

Ces débats débouchent sur différents accords dont le Traîté de Versailles conclu entre la France, les alliés et l'Allemagne en 1919. Cette dernière était en position très affaiblie, sa marge de manoeuvre était nulle.

Les principales dispositions du traîté étaient la restitution de l'Alsace Lorraine à la France, l'administration de la Sarre par la Société des Nations, l'organisation d'un plébicite au Slesvig et en Silésie, la création du couloir de Dantzig et surtout le versements par l'Allemagne d'une somme de 20 milliards de marks-or au titre des réparations.

Cependant dès 1921, l'Allemagne tente de gagner du temps. La France, de son côté, s'impatiente jursqu'à ce mois de janvier 1923 où cinq division, trois françaises et deux belges traversent la zone démilitarisée et occupent la Ruhr, base de la puissance industrielle allemande. C'est un évenement qui fait la une des journaux et provoque en Europe et aux États Unis une profonde émotion.

L'homme responsable de cette invasion est le Président du Conseil et Ministre des affaires étrangères, Raymond Poincaré. La classe politique et l'opinion publique soutiennent ce geste fort. Le Président de la République, Alexandre Millerrand donne son accord. La France compte, également, sur le soutien de la Belgique et de l'Italie.

Pour Poincaré, cette occupation de la Ruhr, est un gage. Il veut obliger les Allemands à se soumettre aux sanctions déterminées lors du Traité de Versailles. Or, l'Allemagne a tenté de gagner du temps et de limiter les sanctions. Depuis 1920, les différents gouvernements allemands invoquent le marasme économique et monétaire du reich notamment la chute du mark.

Pour la France, c'est inadmissible, l'Allemagne n'a même pas fourni les prestations en nature exigées par la Commission interalliée. En cette année 1922, le Reich n'avait remis que 78% du charbon et 84% du coke qu'elle aurait dû donner.

Les Allemands accusent la France de vouloir achever, ruiner l'Allemagne. Poincaré réplique qu'il vient simplement "chercher du charbon qu'il peut obtenir d'elle, ce qu'elle peut raisonnablement nous verser. "

A peine déclancher, l'opération provoque une explosion d'indignation en Allemagne et une immense réaction de "résistance passive" dans la Ruhr. Cheminots, ouvriers, fonctionnaires ripostent à l'entrée des troupes alliées par une grêve générale. Les trains ne circulent plus, les usines s'arrêtent, le charbon ne sort plus des mines.

Face à cet arrêt de la production, les français et les belges s'organisent. Des mineurs et des spécialistes arrivent de France et de Belgique. Les trains sont remis en marche, les usines et les mines tournent à nouveau.

La résistance allemande se raidit alors et devient active. De violents incidents se produisent aux usines Krupp. des sabotages provoquent des déraillements. Des cours martiales jugent des activistes. En dépit de ces réactions, , de la condamnation par les opinion américaine et britannique et même par le Vatican, Poincaré s'obstine et "attend patiemment que l'Allemagne revienne à la raison".

Cette obstination est récompensée. Le 27 septembre, le chancelier Stresemann annonce l'abandon de la résistance passive. Les soutiens accordés aux travailleurs de la Ruhr ont provoqué l'effondrement du mark. En un an, le dollar est passé de 7250 mark à 12 milliards. Berlin offre d négocier avec Paris, mais Poincaré refuse et entend régler le problème dans le cadre de l'interallié.

La solution intervient en avril 1925. La mise au point d'un plan de règlement dépendra d'un emprunt international au bénéfice de l'Allemagne et de l'évacuation de la Ruhr.

Cependant, l'année 1923 sera une année noire pour l'Allemagne car quelques mois plus tard, en novembre, Adolf Hitler allait faire parler de lui en étant l'acteur principal d'un putsch.

Demain, nous évoquerons Williams Somerset MAUGHAM.